Que se passe-til vraiment dans l'Est de la RDC ?

Le texte de couleur marron est issu d'une IA.

J'essaie de comprendre ce qui se passe dans l'Est de la RDC/Zaïre depuis plus de 20 ans. Je suis allé au Rwanda plusieurs fois, et ma recherche n'est pas professionnelle, elle est existentielle en quelque sorte, en ce sens que je suis socialement tourné vers cette problématique par mes engagements contre la banalisation du génocide des Tutsi et mon environnement en Europe, en Afrique et plus particulièrement au Rwanda. 

Je sais ce que pensent des Rwandais de la diaspora et du Rwanda. D'autre part, je connais  beaucoup de Congolais en Europe, de toutes catégories intellectuelles. Certains n'ont fait aucune étude, même pas des études primaires complètes, plusieurs ont des doctorats, parmi eux deux enseignent ou ont enseigné à l'Université française. Je vois comment ils abordent les choses, comment ils raisonnent. Certains me semblent particulièrement lucides sur leur pays, d'autres sont lucides sur certains sujets, mais dérapent plus ou moins souvent sur l'actualité brulante, d'autres sont carrément dans le délire, ils voient le Rwanda partout, comme seule explication de leurs problèmes. Tous savent plus ou moins ce que je perçois.[1, 2, 3]

Enfin je glane des informations dans les médias sur ce sujet. Je suis un peu comme un journaliste aux pieds nus, sans statut, réduit à une démarche de "pauvre" de l'information en ce sens que je n'ai pas accès aux privilèges de professionnels (journalistes, historiens, chercheurs) qui travaillent sur cette question, seulement au "domaine public".[4]

Parce que ce n'est pas une IA occidentale, j'ai posé à l'IA chinoise (Deepseek)  la question suivante :

Pourquoi les médias actuellement considèrent-ils la situation dans l'Est du Congo uniquement comme un problème exogène ?

La réponse me semble globalement pertinente, mise à part sur le M23 qui n'est pas un mouvement "étranger" mais un mouvement authentiquement congolais, sans aucun doute soutenu par le Rwanda au moins comme nous soutenons l'Ukraine, souvent présenté comme étranger dans les médias. [5]

DeepSeek n'évacue pas complètement le caractère "étranger" du M23 dans sa réponse [6], ce dont je ne suis pas complètement convaincu, car tous les pays industriels ont des intérêts dans cette région et voient le Rwanda comme un concurrent alibi qui développe une industrie de transformation minière. Le Rwanda est géographiquement une des voies de passage obligée du minerai congolais vers l'océan Indien et les multinationales. Il développe d'autre part ses propres mines, dont ses détracteurs contestent l'existence. Il ouvre la voie d'une autonomie économique dans la région des grands lacs ce qui peut entrer en conflit avec les circuits des multinationales qui exploitent les minerais de la région et avec des responsables congolais dont certains sont extrêmement corrompus avec ces circuits, c'est le principal nœud du problème. D'où probablement un consensus international pour limiter le Rwanda dans ses ambitions à travers toutes sortes de procès d'intention plus ou moins pertinents.

DeepSeek :

La perception médiatique de la situation dans l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC) comme un problème principalement exogène s'explique par plusieurs facteurs, tout en faisant l'objet de débats :

1. Cadrage médiatique et récits dominants

  • Complexité simplifiée : Le conflit est historiquement complexe (mêlant facteurs locaux, ethniques, économiques, régionaux et internationaux). Les médias internationaux peuvent privilégier un récit plus « lisible » mettant en avant l’implication de pays voisins (Rwanda, Ouganda) et de groupes armés étrangers (comme le M23, souvent associé au Rwanda).

  • Angles géopolitiques : Les tensions régionales (RDC-Rwanda) et les intérêts économiques (exploitation des minerais) sont souvent mis en avant car ils correspondent à des dynamiques plus familières pour un public international.

2. Facteurs internes parfois sous-évalués

  • Crises internes : Des problèmes endogènes comme la faiblesse de l’État, la corruption, les tensions intercommunautaires, la compétition pour les terres et les ressources locales, ou encore la prolifération de milices locales sont parfois moins médiatisés.

  • Responsabilité des autorités : Les défaillances de l’armée congolaise (FARDC) et les alliances tactiques entre Kinshasa et certains groupes armés sont moins souvent au centre du récit médiatique international.

3. Intérêts et biais des sources

  • Sources dominantes : Une partie de la couverture s’appuie sur des rapports d’ONG internationales, de l’ONU (Groupes d’experts) et des gouvernements, qui peuvent insister sur les dimensions transnationales.

  • Discours officiels : Le gouvernement congolais lui-même met régulièrement en cause les « agressions externes », un discours repris par certains médias.

4. Dynamiques régionales et internationales

  • Implication avérée de pays voisins : Des preuves documentées par l’ONU, des chercheurs et des ONG concernant le soutien rwandais ou ougandais à des groupes armés orientent naturellement l’attention sur ces aspects.

  • Concurrence géostratégique : La région des Grands Lacs est un espace de rivalités pour l’accès aux ressources, l’influence politique et la sécurité, ce qui renforce le prisme « exogène ».

5. Critiques de ce cadrage

  • Réductionnisme : De nombreux analystes et chercheurs congolais et africains critiquent cette vision, arguant qu’elle minimise les causes structurelles internes (gouvernance, modèle d’État, héritage historique) et la responsabilité des élites congolaises.

  • Déresponsabilisation : Ce récit pourrait indirectement dédouaner les acteurs locaux et perpétuer une image de la RDC comme une pure victime, alors que la solution nécessite aussi des réformes profondes en interne.

Conclusion

Si les médias mettent souvent l’accent sur les dimensions exogènes, c’est en partie à cause de la visibilité des acteurs étrangers, de la complexité des dynamiques locales plus difficiles à expliquer, et parfois d’un biais géopolitique. Une analyse équilibrée exigerait de couvrir à la fois :

  • Les ingérences régionales,

  • Les fragilités internes de l’État congolais,

  • Les logiques économiques et sociales locales qui alimentent le conflit.

Pour une compréhension nuancée, il est utile de consulter aussi des sources académiques, locales et africaines, qui tendent à offrir une perspective plus holistique.   

(fin de DeepSeek)

J'ai aussi écrit presqu'une vingtaine d'articles sur la RDC sur ce blog.

______________ 

Notes 

  1. Un journaliste congolais particulièrement violent avait écrit un article sur ses blogs de Mediapart et de la Tribune de Genève, vers 2019, intitulé Emmanuel Cattier Kagamiste radicalisé. Un vrai tissus de très mauvaise polémique. J'avais signalé à Médiapart et à la Tribune de Gennève cet article. Aujourd'hui cet article n'est plus accessible à ma connaissance. Il avait aussi écrit un autre article pour me proposer un "dialogue" dans le club de Mediapart, Cher Emmanuel Cattier, débattons Français-Rwandais-Congolais !. J'avais refusé en soulignant (de mémoire, car n'étant plus abonné à Médiapart, je n'ai plus accès aux commentaires)  que ce journaliste ne respectait rien et n'était pas fiable car il était adepte de la thèse infondée et négationniste du "double génocide" au Rwanda [2, 3].
  2. Génocide en droit pénal français Wikipédia
  3. A propos des exemples précis de lois ou de condamnations liées à la négation du génocide des Tutsi en France voici ce que répond l'IA chinoise :
    Les informations disponibles confirment que, depuis 2017, nier le génocide des Tutsi au Rwanda est un délit pénal en France, passible d'amendes et d'emprisonnement, avec des condamnations déjà prononcées pour ce motif .

    Voici un tableau qui résume les principaux éléments juridiques en France :

    Élément

    Description

    Infraction

    Contestation, négation ou banalisation du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994

    Base légale

    Article 24 bis de la loi sur la liberté de la presse

    Peines encourues

    Un an d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende 

     

    Poursuites possibles par

    Associations de défense de la mémoire des victimes

    Première condamnation

    Condamnation de l'essayiste Charles Onana en octobre 2024 pour "complicité de contestation de génocide"

    💬 La "thèse du double génocide" et le négationnisme

    Le débat sur le négationnisme dépasse la simple négation de l'événement. Il inclut également la relativisation et la distorsion des faits. La promotion de la "thèse du double génocide", qui tente d'établir une équivalence entre le génocide planifié des Tutsi et les crimes commis par le Front patriotique rwandais (FPR) avant, pendant ou après 1994, est considérée par les historiens et les tribunaux comme une forme de négationnisme. Cette rhétorique cherche à brouiller les responsabilités et à occulter la spécificité du crime de génocide.

    Note : La condamnation d'Auguste-Charles Onana en octobre 2024 constitue un précédent majeur. Elle démontre que la justice française sanctionne désormais les propos relevant de ce type de discours, au-delà de la simple négation frontale.

    🛡️ Une loi créée pour protéger la mémoire des victimes

    Cette loi n'est pas issue du hasard. Elle résulte d'un long combat judiciaire et associatif, initié notamment par la Communauté rwandaise de France (CRF) et l'association Ibuka. L'affaire a débuté en 2013 après la diffusion d'un sketch jugé banalisant sur Canal+ et a abouti, en 2017, à une modification de la loi pour étendre à tous les génocides reconnus la possibilité de poursuivre pour apologie.

    L'objectif est de lutter contre l'impunité des discours de haine et de protéger la dignité des survivants. La condamnation d'Onana a été saluée par les associations plaignantes (FIDH, LDH, Survie) comme une "décision historique".

    🌐 Contexte et critiques

    La question est complexe et liée à l'histoire des relations entre la France et le Rwanda. Le rôle de la France pendant le génocide est l'objet de vives controverses et de débats historiographiques

    Le gouvernement rwandais actuel utilise également des lois contre la négation du génocide, parfois critiquées pour être utilisées de manière trop large afin de réprimer toute opposition politique.

    Ces lois mémorielles ne font pas l'unanimité, y compris en France. Certains intellectuels ou organisations, comme Amnesty International, y voient une menace potentielle pour la liberté d'expression et le travail historique, estimant que le débat ne doit pas être tranché par des lois pénales. Les défenseurs de la loi rétorquent qu'elle ne vise pas la recherche historique sérieuse, mais bien la propagande haineuse et la minimisation intentionnelle du crime.

    En résumé, la loi française est claire et son application récente montre sa mise en œuvre effective contre les thèses négationnistes, dont la promotion du "double génocide" fait partie.

    Si vous souhaitez que j'approfondisse un aspect particulier, comme les détails du procès Onana ou les arguments du débat historiographique sur la France et le Rwanda, n'hésitez pas à me le demander. (fin de DeepSeek)


  4. Le cheminement de cette recherche est balisé dans une page internet que je tiens depuis 2010, 
  5. Je serai intéressé de savoir si DeepSeek fait la même réponse à d'autre utilisateurs. N'hésitez pas à utiliser à la fin de l'article la possibilité de le commenter.
  6. DeepSeek à propos du M23 :

    Le M23 (Mouvement du 23 mars) ne peut pas être classé simplement comme un mouvement soit étranger, soit authentiquement congolais. Sa réalité se situe à la rencontre de ces deux dimensions : des revendications locales congolaises légitimes sont exploitées et soutenues par des intérêts géopolitiques et économiques régionaux, principalement rwandais.

    Le tableau ci-dessous résume les arguments centraux de chaque perspective, qui sont ensuite détaillés dans l'analyse. 

    Point de vue

    Arguments clés

    Acteurs/Éléments soutenant cette vision

    Mouvement étranger (proxy du Rwanda)

    Soutien militaire et opérationnel du Rwanda, agenda économique et stratégique de Kigali, contrôle de ressources et routes commerciales.

    Rapports de l'ONU, gouvernement congolais, UE et ONU, analyses de groupes de recherche

    Mouvement congolais authentique

    Origines dans des mutineries de l'armée congolaise (FARDC), revendication de la protection des Tutsis congolais (Banyamulenge) et de l'application d'accords de paix, critique de la mauvaise gouvernance à Kinshasa.

    Membres fondateurs (ex-CNDP), discours du M23, chercheurs et analystes soulignant la complexité du conflit.

     Pourquoi le M23 est perçu comme un mouvement étranger

    1. Soutien rwandais documenté : De multiples rapports d'experts de l'ONU, cités par différentes sources, font état d'un soutien direct du Rwanda au M23, incluant l'envoi de troupes, de matériel et un commandement opérationnel.
      La communauté internationale, dont le secrétaire général de l'ONU et l'Union européenne, a appelé le Rwanda à cesser son soutien
      . Le Rwanda ambitionnerait de faire de Kigali un hub régional pour le commerce des minerais. 
      Ce discours sert une narration politique nationale.

    Pourquoi le M23 présente des caractéristiques d'un mouvement congolais

    Origines et leadership congolais : Le M23 est né en 2012 d'une mutinerie au sein de l'armée congolaise (FARDC), dirigée par d'anciens officiers du CNDP intégrés à la suite d'un accord de paix
    Ses dirigeants, comme Sultani Makenga, sont congolais
    . Il dénonce aussi la mauvaise application des accords de paix par Kinshasa et la corruption de l'État. Le M23 fait également partie d'une coalition politique congolaise plus large, l'Alliance Fleuve Congo.

    🤔 Une réalité hybride et complexe

    La question posée suppose un choix binaire, mais la réalité est plus nuancée. Le M23 est le produit de l'interaction entre :

    1. Des dynamiques internes congolaises (marginalisation ethnique, échec de l'intégration des rebelles, faiblesse de l'État).

    2. Des intérêts étrangers (soutenus par le Rwanda pour des raisons sécuritaires, économiques et géopolitiques).
      Son soutien rwandais est largement documenté, mais ce soutien ne rend pas pour autant ses griefs initiaux illégitimes aux yeux de sa base. Cette hybridité explique en partie la difficulté à résoudre ce conflit.

    💎 Pour résumer

    Considérer le M23 uniquement comme un mouvement étranger revient à adopter le récit simplificateur de Kinshasa et à ignorer les causes internes de l'instabilité congolaise. À l'inverse, le présenter uniquement comme un mouvement congolais authentique revient à fermer les yeux sur le soutien déterminant et les motivations stratégiques du Rwanda, largement attestés. Le M23 est à la fois l'expression de problèmes congolais non résolus et un instrument au service d'intérêts régionaux.

    Pour comprendre les enjeux spécifiques, vous pouvez explorer :

    L'historique colonial et les questions de nationalité pour saisir les racines lointaines des tensions autour des communautés rwandophones. 

    Agenda économique et stratégique du Rwanda : Au-delà des raisons sécuritaires (combattre les FDLR), l'implication rwandaise serait motivée par des intérêts économiques. Le M23 contrôle des villes frontalières stratégiques (comme Bunagana) et des zones minières riches (comme Rubaya, productrice de coltan), permettant à Kigali d'influencer les flux commerciaux et d'avoir accès aux ressources

    Un récit promu par Kinshasa : Le gouvernement congolais présente systématiquement le M23 comme une marionnette du Rwanda, un récit qui occulte souvent les autres groupes armés responsables de violences dans l'Est.

     Revendications internes et légitimes : Le mouvement se présente comme le défenseur des Tutsis congolais (Banyamulenge), une communauté ayant subi des décennies de discrimination et de violences, et dont la sécurité n'est pas assurée par l'État.

    Complexité du conflit et récits simplistes : Des analystes et chercheurs mettent en garde contre les récits simplistes. Réduire le M23 à un simple "proxy" ignore les griefs locaux authentiques et la faiblesse structurelle de l'État congolais dans l'Est, qui sont des moteurs profonds du conflit.

    La "guerre de l'information" qui entoure ce conflit, où chaque camp diffuse sa propre version des faits.

    L'économie de guerre et le rôle du crime organisé qui alimentent et perpétuent la violence dans la région. 

    (fin de DeepSeek) 

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